Matchs des candidats 2011, Kazan Tatarstan

Kramnik et Radjabov, leur conférence de presse d'après-match


La pendule s'est tout simplement arrêtée - Kramnik et Radjabov commentent l'incident

 
La vidéo en HD sur le site de la fédération russe des échecs est l'un des points forts des matchs des candidats à Kazan, le gros inconvénient étant que les commentaires sont exclusivement disponibles en russe. Hier, par exemple, ceux qui ne parlent pas le russe ont manqué les explications à chaud d' Ilya Levitov (président de la fédération russe, vice-président de la FIDE et membre du comité d'appel) concernant la défaillance de la pendule ou encore un commentateur indiquant la fin de la partie en perpétuelle juste avant que Radjabov ne le permette puis le criant presque: "perpétuelle!" quand cela fut joué.

Mais ce sont surtout les conférences de presse après les parties qui constituent la plus grande perte pour le public non russe.

Il faut reconnaître que les joueurs ne se sont pas toujours montré bavards (Kamsky et Topalov n'allant pas au-delà de quelques phrases entre eux certains jours!) , mais en général ils ont été plus loquaces.

On a eu droit à l'étrange spectacle de Boris Kutin commençant les conférences en anglais, de joueurs comme Gata Kamsky et Levon Aronian commençant à parler des parties en anglais... et des journalistes insistant pour qu'ils continuent en russe!

Vladimir Kramnik et Teimour Radjabov font partie de ceux qui se sont le plus exprimé, et cela fut encore le cas une fois leur match fini. En fait, Kramnik était manifestement épuisé, Radjabov, plutôt que de se montrer anéanti par la défaite comme Topalov, entra dans de nombreux détails concernant les départages et le match. mishanp  du site  Chess in translation n'a pu suivre toutes les analyses effectuées à grande vitesse, mais les 2 joueurs nous ont vraiment mieux fait comprendre les enjeux du match. Certains détails importants furent communiqués, par exemple le fait que Kramnik offrit la nulle dans le troisième blitz qu'il finit par gagner et on obtint plus de détails sur cette satanée pendule.

Avant la conférence de presse...


Des indications du moment où les commentaires ont étés faits sont incluses dans le texte de la conférence, pour ceux qui souhaiteraient  revoir la video en ayant déjà une idée de ce qui se dit à ce moment-là.



Après une brève entrée en matière par Boris Kutin:

Kramnik: (21:02:30) Le match a été extrêmement dur. Il ne me reste plus de force, il est donc bon d'avoir 2 jours de repos. En général, le match a été totalement équilibré. À la fin, c'est juste la chance qui a penché d'un côté. J'ai été le plus chanceux. Le match était totalement équilibré mais il fallait que quelqu'un gagne et quelqu'un perde, et il s'est avéré que j'ai gagné. Nous nous sommes tous deux battus durement, le combat fut tendu et, je le répète, j'ai juste été plus chanceux. Bien sûr, je suis content, mais d'un autre côté je me mets à la place de Teimour et je comprends que perdre un tel match est des plus déplaisant. Mais c'est la vie. Que voulez-vous y faire? Je voudrais le féliciter pour sa qualité de jeu et sa bonne préparation. Il s'agit d'un des matchs les plus durs de ma vie à ce jour. Je peux voir que Teimour a fait de très sérieux progrès, que sa préparation a été excellente et qu'il s'est amélioré. C'est peut-être l'un des plus durs adversaires ici. Je comprends et je compatis parce qu'il y était presque, il était à deux doigts de gagner mais, que voulez-vous, c'est le sport.

Radjabov: (21:03:54) Oui, merci bien sûr, pour une telle appréciation. Je suis content que ma petite contribution au Gambit de la Dame ne soit pas passée inaperçue. (sourires) Quand j'ai obtenu cette position avec Tour et Fou  [dans le deuxième blitz], honnêtement, j'ai eu le sentiment que quelque chose de désagréable allait survenir, que la réussite me quittait.Dans la première partie, il est clair qu'il y a eu beaucoup d'erreurs, objectivement, mais j'ai trouvé cette belle idée 38. Ch6 et 39. De5.

Radjabov vient de jouer 38. Cf5-h6!
Kramnik: (21:04:22) Je l'avais vue, mais j'espérais trouver quelque chose...

Radjabov: Nous n'avions que quelques secondes… J'ai pensé la même chose. Je cherchais et cherchais. Quand je me suis décidé pour Ch6, il fallait bien sûr que j'aie vu De5. Sinon à quoi bon sacrifier un cavalier? En prenant en f6 avec la tour, peut-être qu'il y a quelque chose. Mais bon, il faut le calculer. C'est une autre question. Donc j'ai l'impression que j'ai bien joué la première partie, d'un point de vue pratique et en ce qui concerne les calculs, si on prend en considération qu'il s'agissait d'un blitz. Les parties semi-rapides, c'était un peu comme de la boxe. Qui va porter un coup, ou en laisser passer un, mais je pense que nous avons joué de manière assez précise. Dans la première de ces parties, dans laquelle je pense que je n'avais pas une position très agréable, pour ne pas dire mauvaise, il y avait du jeu pour les pièces et peut-être que Cxf7 marchait. Mais je laisse les gens analyser la position. Après, je pense que le blitz a été très intéressant. J'ai tout donné à ce moment-là et le match était pratiquement gagné quand j'ai obtenu cette finale de Tour et Fou... mais c'est alors que j'ai fait un mauvais coup avec mon roi, aucun doute, en le mettant p.ex. en f6, il se retrouve dans un réseau de mat. Un choix vraiment pas d'ordre pratique. Peut-être que je n'aurais même pas dû prendre le pion 'b'. De toute façon, analyser les blitz, c'est toujours une affaire... Dans la troisième partie Vladimir Borisovich m'a proposé nulle à un moment. La position était quasiment nulle, mais j'avais l'impression qu'il y avait encore des variantes où je pouvais continuer à faire pression. À base de tours sur la colonne 'e'. Après l'échange d'une paire de tours, c'était un peu difficile à jouer car la tour peut toujours se rendre en e6 et le pion d5 fixe toute l'aile dame des noirs. J'ai fait quelques erreurs vers la fin, bien sûr. J'ai sans doute trop retenu l'attaque et j'aurais dû jouer Rh6 plus tôt, et Tf5 pour prendre en d5, pour se débarasser de tous ces pions. La position est probablement nulle.


La main de Radjabov tremblait - il ne lui restait que 4 secondes pour jouer 60. Rf1!

Dans la dernière partie, j'ai eu des occasions. À la fin, honnêtement, après 59. ... De3+, j'aurais probablement pu jouer 60. Rf1, c'est à dire qu'il faut calculer 60. ... Df4 61. Dxf4 gxf4 62. Rf2 et ensuite, dans une situation où les noirs ne peuvent se permettre de perdre, il est désagréable de faire face à Rf3-g4 suivi de prise en h4. Le roi arrive-t-il à temps en f5 - ce n'est pas enthousiasmant non plus. Il semble qu'une telle position est déjà gagnée pour les blancs, très vraisemblablement. Bien qu'il y ait peut-être 60. ... Td8 61. d7 De5. Bon objectivement, ce n'est peut-être pas gagné, qui sait. En principe, les noirs peuvent juste attendre. Je ne sais pas. Peut-être qu'on ne peut pas progresser.

Kramnik: (21:07:00) Il ne restait que quelques secondes. Tout pouvait arriver.

Radjabov: Oui, tu joues à l'instinct. En prenant du recul, il semble qu'une partie ait fait penché la balance dans un match très dur et complexe. Il y a eu des nulles de 25-27 coups, mais elles ne vous disent rien. Presque tout s'est passé à la maison, nous regardions en permanence les variantes principales, améliorant tout le temps le répertoire. Il y avait une énorme quantité de variantes, tant d'embranchements que les noirs peuvent choisir ou de possibilités pour les blancs d'exercer une pression. Nous devions tout regarder. À mon avis, un très très gros travail a été réalisé. Et nous avons abouti à d'innombrables gambits dame, c'était presque Capablanca – Alekhine (sourires). Dans ce cas, je ne sais pas lequel je serais. Mais 1. d4 d5 2. c4 e6, je n'ai vu cela récemment que dans les parties d'Anand et Topalov, et c'est une ouverture du bon vieux temps. Bon, il y a eu le match Kasparov – Karpov, bien sûr, mais récemment je ne crois pas qu'on en ai vu tant. Parce que presque toutes nos parties, les 8, bon, il y a eu une catalane, mais toutes les autres furent des gambit dame. On a donc vraiment exploré cette ouverture.

Kramnik: (21:08:18) On a fait progressé la théorie.

Radjabov: Oui, on a un peu fait avancer la théorie. Bien sûr, ce ne fut pas agréable. Bien sûr, je voulais gagner, et j'ai eu de bonne chances de le faire, après le premier blitz., mais cette défaite si fâcheuse semble avoir été le tournant du match. Peut-être que si j'avais accepté la nulle dans la troisième partie, j'aurais eu une chance. Mais ça n'a même pas de sens d'analyser. C'est du blitz. L'enjeu est énorme. La tension maximale. Les deux joueurs ont les nerfs à vif, cela conduit à des erreurs que vous ne commettriez pas en faisant des blitz sur internet. À un moment donné, cela s'est joué aux nerfs, particulièrement dans la dernière partie. Les noirs avaient la nulle avec 37. ... Dxe5+ au lieu de 37. ... Tc8. Les noirs sont même mieux, avec  Td6 à suivre.
Kramnik: (21:09:06)  Oui, je voulais forcer la nulle. Je pensais qu'après 38. Dd6 Tc3+ 39. Rh2 Txh3+ 40. Rg1 Th1+ c'était nulle. Mais d'abord, la nulle n'était peut-être pas forcée, peut-être qu'il y avait une fac,on plus simple de faire nulle. Mais j'avais tellement envie de faire nulle. Bon, il est difficile de commenter quoi que ce soit pour l'instant. Les nerfs, la fatigue ont joué. Et il ne faut pas oublier combien le calendrier est serré, nous avons joué 5 jours d'affilée, et aujourd'hui c,a a été le plus difficile des matchs. Nous étions donc fatigués ou du moins je l'étais. À la fin, je jouais simplement à la volonté, comme on dit. J'étais si fatigué qu'il m'était difficile de réfléchir. Bon, je pouvais réfléchir un petit peu.

Une question sur la pendule

Kramnik: (21:10:05) À un moment donné, après un coup, elle a cessé de fonctionner, je ne sais pas pourquoi.. Je ne sais pas ce que l'on est censé faire dans une telle situation. Je leur ai demandé de lire le règlement et d'en suivre les recommandations. En fait, il ne semble pas qu'il y ait quelque chose d'écrit là-dessus où que ce soit, ou plutôt, il y a des règles pour les parties longues mais apparemment pas pour le blitz. Donc je ne sais pas. D'un autre côté, la position était nulle objectivement. Mais j'ai considéré que les circonstances étaient contre moi (bien que les choses tournèrent autrement), parce que pendant que la pendule est arrêtée, il est toujours possible de réfléchir. C'est normal, on ne peut le reprocher à personne. Je voulais juste être mis au courant du règlement. J'ai demandé... mais il semblerait qu'il n'y a rien de clairement écrit. Le principe, ou l'esprit, semblait être que nous devions continuer la partie avec le même temps. Alors nous avons continué.

Apparemment, ils avaient choisi la mauvaise pendule!


Une question sur le temps restant.

Radjabov: (21:11:09) C,a a immédiatement affiché 0:00.

Kramnik: L'écran s'est juste éteint. Impossible de voir quoi que ce soit.

Radjabov: On pouvait voir quelque chose, mais juste 2 zéros.

Kramnik: Oui, just 2 zéros. Je n'avais jamais rien vu de tel auparavant.

Une autre question sur la pendule

Kramnik: (21:11:26) Je ne sais pas ce qui se passe habituellement. C'est la première fois que c,a m'arrive. Je ne sais pas pourquoi c,a a soudain cessé de fonctionner. Et après, je n'ai pas pensé que j'avais la moindre chance parce que la position était nulle. Je pensais juste que, comme il ne nous restait que quelques secondes, il pouvait toujours arriver quelque chose... Puis il y a eu cette interruption, j'ai vraiment pensé que c,a allait me tuer. Mais il s'est avéré que j'ai tout simplement été chanceux. C'était une situation étrange.

On demande le point de vue de Radjabov.

Radjabov: (21:12:03) Pareil. Ce qui est arrivé était clair. La pendule s'est éteinte. C,a arrive avec ces pendules. Elle peuvent se casser si vous appuyez trop fort dessus. Ce n'est pas courant, mais parfois vous tapez dessus et c,a arrive. Le type de pendule ne joue aucun rôle là-dedans. Si vous tapez dessus aussi fort que nous...  (Kramnik sourit)

Kramnik: (21:12:26) Je ne joue pas au blitz si souvent, donc je pense que c'est la première fois pour moi que les chiffres ont simplement disparu. Même dans ce tournoi de blitz [championnat du monde de blitz, Moscou 2011?], il y a eu des problèmes avec les pendules mais je ne me suis jamais retrouvé dans cette situation où la pendule rend l'âme. Pourtant tout le monde tapait fort. Mais d'accord, cela peut arriver. Pour moi, il s'agissait d'une mauvaise nouvelle - c'est comme c,a que je l'ai ressenti, mais si en définitive j'ai eu de la chance. D'un autre côté, je ne sais pas, il serait peut-être bon d'améliorer les pendules pour qu'elles ne cessent plus de fonctionner.

Une question sur la fac,on dont le temps restant a été déterminé.

Kramnik: (21:13:05) Je n'ai pas vu. Les arbitres ont tout rétabli, ils ont probablement vu le temps restant sur la vidéo. Je n'ai absolument pas vu combien de temps il restait à ce moment. Ou bien l'arbitre avait vu. Nous n'avons pas eu le temps de regarder. Je ne sais pas combien de temps il restait.

Radjabov: (21:13:26) 21 (secondes?) à 12 en faveur des blancs. La position était telle que, honnêtement, après Fc2, je ne sais pas si, disons 5 secondes auraient fait la différence. Je ne voyais pas quoi jouer après Fb3.

Une question (probablement pour savoir si l'interruption avait aidé Kramnik à trouver le coup)

Radjabov: (21:13:59) Bon, il est plus que vraisemblable qu'il aurait vu Fc2.

Kramnik: Oui, c,a s'est goupillé comme c,a, mais si Teimour n'avait pas commis une erreur, alors les rôles auraient étés inversés. Tout professionnel vous dira qu'objectivement la situation est en faveur du plus faible, 100%. Que les choses aient tourné autrement, c'est une autre affaire. J'étais très mécontent de cette situation, et il y avait des témoins. Je pensais que cela me privait de certaines chances.

Un interviewer dit qu'il doute de l'objectivité de Kramnik…

Kramnik: (21:14:37) J'ai également des doutes quant à votre objectivité (sourires). Autant passer cette question.

Kramnik: -Je doute aussi de votre objectivité!


Une question sur le fait de jouer tant de parties rapides puis des blitz le même jour.

Kramnik: (21:14:57) Bon, je considère que jouer 4 parties, c'est normal. Bien sûr, n'en jouer que 2 serait mieux, pas aussi fatigant, mais pour un match aussi important... On veut réduire la part de chance. De mon point de vue, c'est normal. Les opinions diffèrent.

On demande l'opinion de Radjabov.

Radjabov: (12:15:17) Sur le règlement? Il était normal. Il faut se battre. Nous sommes tous venus pour nous battre pour un titre important, pour atteindre le sommet. Il faut travailler. Une partie par jour et deux jours de repos. C'est tout à fait normal. De plus 4 parties rapides, ce n'est pas la même chose que 4 parties longues en une journée, comme Bronstein par exemple l'a suggéré. Ou bien qu'est-ce qui a été recommandé, 8 parties rapides en même temps. Les opinions diffèrent. Mais je pense qu'en principe le règlement était normal. Je ne vois aucun problème, d'autant moins qu'il y a 2 jours de repos après le match.


Bien que Radjabov n'ait pas pris position par rapport à l'interprétation faite par Kramnik de l'incident de la pendule durant la conférence de presse, il en parla plus tard dans une   interview pour Azerisport.com:

Vous étiez proche de la victoire. Dans quel mesure avez-vous été affecté par ce problème de pendule?

J'essaie d'évaluer la situation honnêtement. Oui, J'étais à 5 à 10 secondes près de la qualification. Mais à quoi bon y penser maintenant? Le premier blitz s'est vraiment bien déroulé pour moi. C,a m'a mis mieux disposé pour la suite et dans la deuxième partie, les choses tournaient également en ma faveur. He bien, vous connaissez aussi bien que moi la suite.

Cela a joué en faveur de votre adversaire?

Sauf mon respect pour Kramnik, cela l'a plus favorisé que moi. On peut passer une éternité à en débattre. Je pense que j'ai fait tout ce que j'ai pu. Je ne peux pas dire que j'ai mal joué. En plus, j'ai senti la victoire proche. J'ai tout simplement manqué de chance. Après ce problème de pendule, tout est allé de travers. C'est un cas de manque total de chance.
La fausse bonne idée du jour

Tous ces messages à la fin des courriels, tels des notes en bas de pages en tous petits caractères dans lesquels l'expéditeur nous dit qu'il n'est pas prêt à assumer ses propos. Parfois, il va même jusqu'à retourner le propos pour nous inviter, nous, à être responsables:


Évidemment, dans les bureaux, les courriels étant quasiment une fois sur deux imprimés, voilà l'effet pervers de cette invitation à la vertu: plus de papier utilisé, moins de forêts...
Schultüte / Cornet surprise pour le premier jour à l'école / First-day-of-school-surprise-cone


DE:
Eine Tüte, voll mit kleinen Geschenke und Leckereien, die jeder ABC-Schütze von seiner Familie als Geschenk kriegt. Ich habe gehört, dass manche Kinder sogar 2 Tüten erhalten ; soviel zu tragen! Da versteht das Kind schon am ersten Schultag, warum das Leben schwer sei.

FR:
Un cornet plein de bonbons et de petits cadeaux que tous les enfants se rendant pour la première fois à l'école reçoivent en cadeau de leurs parents. Certains, paraît-il, doivent même porter deux de ces encombrant cornets! Très pédagogique: dès le départ, ils sont amenés à comprendre que chacun doit porter son fardeau!


EN:
As Leo puts it: "large cornet of cardboard filled with sweets and little presents given to children in Germany on their first day at school". I heard that some children even get two of these heavy presents! Very instructive: from the first schoolday, they will know that we all have to bear our load.

Pour en savoir plus / For more information
(de) Wikipedia
(en) Wikipedia
(fr)  Arte
Pense-bête/Reminder

FR: prononciation suédoise (/scandinave) de l'anglais
EN: swedish (/scandinavian) pronunciation of English

FR: J'aimerais bien avoir une prononciation aussi bonne que la plupart d'entre eux, mais on peut tout de même remarquer quelques particularités.

EN: Though I'd like to speak English as well as they do, it still is possible to notice a few pecularities.


"hug" -> "hok"
"knee" -> K-nee
"g" -> prononcé systématiquement "gu"
"z" -> "s"
"w" -> "v"
"j"-> "i"

Complément:
Discussion dans le Wikipédia anglais
Lu pour vous: "Bruno, Chef de Police"
de Martin Walker, Diogenes Verlag 2009, 339 pages, 9.90 € pour 264 g


Il s'agit de la traduction allemande de ce polar dans la veine documentaire. Mon libraire n'a mis le texte anglais en rayon que plus tard. Et la série des 'Bruno' n'est pas traduite en français.
Le style n'est de toute façon pas le principal souci de l'auteur et condamner son traducteur serait trop facile. On relève certains tics de langage qui se retrouvent probablement dans l'original:
par exemple, les cheveux semblent toujours 'ébouriffés' [zerzaust], les portraits ne peuvent être que "crachés" ['aus dem Gesicht geschnitten'] et on y 'envoie les gens promener' avec une régularité surprenante ['einen Korb geben' signifie littéralement 'donner un panier'].

Ce qui montre bien que, dans cette France de grand-papa, tout n'est pas nécessairement harmonieux. Et pourtant, dans ce village fictif de Saint-Denis, dans le Périgord, tout semble aller si bien.
Au fin fond de la France ne mène qu'une guerre, contre les contrôleurs de Bruxelles venus faire respecter les normes sur les marchés.
Jusqu'à ce qu'on retrouve le vieil Hamid assassiné dans sa maison isolée, sa croix de guerre volée, en échange de quoi on lui a gravé au couteau une croix gammée sur la poitrine.
Les souvenirs d'une autre guerre refont surface et l'on constate que ce cadre idyllique n'a pas été épargné par les moments les moins glorieux de notre histoire.

Bruno, policier municipal, célibataire, cuisinier amateur, entraîneur de rugby et de tennis pour les jeunes, bien décidé à profiter de la vie après avoir subi une expérience traumatique lors d'une mission de paix dans les balkans, va se retrouver au milieu de ce micmac, entre son village et ses amis, les gendarmes, la police nationale et un jeune procureur ambitieux.

On peut se demander si le livre sera jamais traduit pour la France. Il s'adresse en effet plus à des étrangers qui ne connaitraient pas très bien notre pays et y découvriront des détails qui pourront les surprendre.
On peut observer quelques imprécisions dans le livre: la confusion entre garde-champêtre et policier municipal, le Petrus, pas un château si l'on en croit les étiquettes de ce vin, l'expression anglaise "jolie laide", pas courante en français...

Ah! Et le Général de Gaulle n'a pas dit lors de l'appel  enregistré le 22 juin que la France avait "perdu une bataille mais pas [...] la guerre"... Cette phrase se trouve seulement sur l'affiche.

J'ai lu aussi qu'on reprochait à l'auteur de présenter la France comme une république bananière. Mais n'est-ce pas ce que nous-même souvent nous faisons?
L'auteur ne montre d'ailleurs pas de sympathie particulière pour son ministre de l'intérieur,

La bande sonore pour ce polar est toute trouvée: "À bicyclette" chanté par Yves Montand.
Le livre, bien qu'évoquant les pages sombres de notre histoire, participe de ce mythe de la France de grand-papa, celle d'Amélie Poulain: gastronomie et amour. Car tout est bien qui finit bien, autour d'un grand festin. Ah, ces Gaulois!

En résumé: un policier pas vraiment policier, dans une idylle pas si idyllique. Pour francophiles inconditionnels par un francophile.

Pour en savoir plus:
Martin Walker sur Wikipédia (publié par votre serviteur)
Victor le Terrible interviewé (2005)[3]

Je suis tombé sur une interview de Kortchnoi faite en 2005 par Axel Jomeyer et me suis dit qu'une petite traduction pourrait s'avérer intéressante pour ceux qui ne parlent pas allemand.

le sous-titrage est maintenant complet :

La première partie de l'interview
La deuxième partie de l'interview

[pour des raisons de droits, la traduction doit être regardée directement sur Youtube]

J'apporterai ici par la suite quelques précisions sur les sujets évoqués par Korchnoi:
les simultanées, son style, le secret de sa forme, le jeu à l'aveugle, sa partie contre Lobron, ...

En complément:
Détails sur la troisième partie de l'interview
Détails sur la quatrième partie de l'interview
Lu pour vous: "Les invités"  de Pierre Assouline
[Collection Folio n°5085,  ISBN : 9782070420667, 208 pages 5,60  € pour 132g soit un prix de 42,42 € au kilog]



Pierre Assouline est un grand lecteur; son blog, célèbre et célébré, en témoigne. Il est aussi un observateur de son temps: il suffit là de citer les biographies, entretiens et documentaires que nous lui devons. Le livre puise à ces deux passions.

Les dîners dans la grande bourgeoisie parisienne sont sans doute les rejetons des salons d'antan. Avec force citations -Gustave Moreau, les préraphaélites, Quevedo, Pascal, ...- un arrière-plan culturel est dressé. On espère que les mots d'esprits fuseront dans cette réunion de notables. Et Guitry est au rendez-vous.

Mais que Pierre Assouline s'intéresse aussi aux mots tout simplement ne nous surprendra pas non plus. De nombreuses distinctions sont établies. Pour en citer quelques-unes: fragile/frêle, manquer/rater, taciturne/discret, ... Il collectionne aussi les expressions peu courantes comme "se royaumer" [se prélasser], hypermnésie, mutique... avec parfois ce souci de trouver une tournure nouvelle à de vieux termes; autant aller en boîte avec mémé. Cela peut relever du gargarisme: commensaux, commensaux, commensaux...
Si ce mot est si beau, pourquoi ne pas en avoir fait le titre du livre?

Sans doute parce que le titre revêt un sens double.

Les invités, ce sont d'abord toutes les personnes conviées à cette soirée. L'auteur prend plaisir à brosser quelques portraits, puisque presque un tiers du roman y est consacré. Ce qui nous laisse le temps d'appréhender les nombreux conflits susceptibles d'éclater.

Les invités, ce sont aussi les étrangers dans un pays, à qui on le fait parfois bien sentir, quand ils n'ont pas d'eux-même cette prudence ou cette réserve de ceux qui ne font que passer. Suite à un incident, ils se retrouveront au centre de la discussion. "Madamede", la maîtresse de maison, se voit contrainte d'accepter sa bonne à table, en tant que quatorzième invitée. Étudiante brillante d'origine maghrébine, elle va briser malgré elle l'équilibre délicat tant recherché dans ces réceptions.

Les masques vont tomber, les mondanités et les courbettes seront oubliées.  Plus de mouches au bout des fleurets. Comme nous n'assistons pas pour autant à un banquet platonicien, où la recherche de la vérité serait posée comme idéal, mais à un dîner en ville, où chacun vient pour être en société, la cuisine n'étant même pas essentielle, nous découvrirons non pas la raison, mais les raisons de chacun.

Les convives auront, somme toute, passé une soirée intéressante. Nous aussi.
Ils ne l'oublieront pas de sitôt. Espérons que nous non plus.
"Dom Juan" et son convive de pierre est un classique, maintenant vous pouvez lire "Les invités" de Pierre!


Pour en savoir plus:
* Entretien
* Wikipédia
Victor le Terrible interviewé (2005)[2]

Je suis tombé sur une interview de Kortchnoi faite en 2005 par Axel Jomeyer et me suis dit qu'une petite traduction pourrait s'avérer intéressante pour ceux qui ne parlent pas allemand.

sous-titrée cette fois-ci [pour des raisons de droits, la traduction doit être regardée directement sur Youtube]:


La troisième partie de l'interview

J'apporterai ici quelques précisions sur les sujets évoqués par Korchnoi.

En complément:
Détails sur la quatrième partie de l'interview
Monter/démonter des images .iso sous Linux

Sous Windows, il faut passer par un émulateur comme Daemon Tools ou Alcohol et créer un lecteur de disques virtuel. Sous Linux, tout est bien plus facile.
Pour ceux qui utilisent Gnome, ils peuvent installer GMount, une très simple interface graphique qui vous demande (1) où se trouve le fichier à monter et (2) où localiser le fichier .iso monté (vous pouvez par exemple indiquer: ~/CD1 pour le premier CD monté).

Cependant, nul besoin d'installer ce petit programme, la ligne de commande permet de régler la question facilement. Pas besoin d'être un freak pour y arriver.

Supposons que vous souhaitiez monter une image nommée Banzai.iso qui se trouve dans votre dossier ~/iso  ("~", c'est votre dossier personnel, "iso" un sous-dossier que vous avez créé).
Il vous faut ouvrir une ligne de commande. Voici à quoi cela pourrait ressembler
[En italiques entre crochets, les commentaires sur ce qui se passe]


/ You're working under a slight handicap. \
\ You happen to be human.                 /
 -----------------------------------------
       \   ,__,
        \  (oo)____
           (__)    )\
              ||--|| *
utilisateur@Ordi ~ $ su [vous souhaitez vous inscrire en tant que "superuser"]
Mot de Passe: [vous entrez votre MdP admin]
Ordi  utilisateur # ls [vous voilà inscrit en tant qu'admin, comme l'invite de la ligne de commande l'indique; avec 'ls' vous demandez à voir le contenu, la liste, du dossier où vous vous trouvez]
Images Documents Musique Videos  iso temp  [que des dossiers, la couleur permet de s'en rendre compte]

Ordi utilisateur # cd iso [vous changez de dossier (cd), vous êtes maintenant dans le dossier iso]
Ordi iso #  mount -o loop Banzai.iso ~/temp [vous demandez de monter le fichier iso dans le dossier  ~/temp; il faut bien sûr que celui-ci existe!]
Ordi iso # exit [pour sortir du mode admin dès que ce n'est plus nécessaire, une autre solution aurait été de mettre 'sudo' en début de commande pour que chaque commande qui le nécessite soit exécutée en mode admin. Comme tout le monde le sait, il est dangereux de toujours se balader avec des superpouvoirs]
exit

utilisateur@Ordi ~ $ sudo umount ../temp [sans vous réinscrire pour une session en tant qu'admin, vous demandez à ce que Banzai.iso soit démonté de temp. L'image n'est pas effacée du disque dur mais elle n'est plus lisible]

Comme vous le constatez, une ligne de commande peut suffire pour monter ou démonter une image quand on sait exactement ce qu'on veut.
Encore une fois, pour qui a pris le temps de se pencher sur les fonctionnalités offertes par le système d'exploitation, Linux est bien plus convaincant.
Lu pour vous: "L'idole"
de Serge Joncour [en poche chez "J'ai Lu", 217 pages,  140g pour 4,80 €: 34,28 €/kg ]

Il fallait bien qu'un jour ou l'autre, j'ouvre un bouquin d'un des participants de la meilleure, pour ne pas dire de la seule émission d'exercices littéraires, les "Papous dans la tête" sur France Cul; disponible en podcast:                        Un écrivain qui aime les contraintes littéraires ne peut être foncièrement mauvais et je n'ai pas eu le sentiment que Serge Joncour se soit fait mal en écrivant "L'idole".
Le thème: un homme réalise soudain qu'il est célèbre et ne comprend pas pourquoi. Et il va le rester un peu plus que 15 minutes.

L'auteur file sa quenouille  essentiellement du point de vue de la vedette. Ah! qui d'entre nous ne s'est pas une fois au moins demandé en feuilletant les magazines ce que pouvait penser une star? Quelles pensées derrière tel minois connu?
Ce qui est fascinant dans la relation à ces personnalités, c'est bien l'asymétrie, la différence de statut entre celui qui est arrivé et son admirateur.
 Tandis que le premier, s'il est encore un tant soi peu lucide, peut penser "Pourquoi moi? Qu'ai-je de plus? Les gens ne sont-ils pas fous?", la foule considèrera avoir des droits sur l'objet de son admiration. Il arrive aussi qu'on reconnaisse quelqu'un sans trop savoir pourquoi, sans se rappeler des détails, tout juste pense-t-on que cette personne doit être importante; difficile de réprimer ses intincts de midinette et de ne pas tomber en admiration. On connaît la photo de Sartre sur le Pont des Arts et on l'admire, mais qui a pris le temps de lire "L'être et le néant"?
Une relation bien fragile où l'amour semble ne pas avoir de place.
Comme le chantait Johnny:
Si les gens pouvaient savoir dans la vie
Combien tout seul je suis

Somme toute un petit livre divertissant et cohérent, vite lu. Il gagnerait à être encore plus court pour que l'amusement ne soit pas un peu forcé à l'occasion.
Trop de mots? Ach! L'artiste va être scandalisé par cette interrogation!

Quelques compléments:
la page Wikipédia sur Serge Joncour (le nom de rue, c'est pour plus tard)
De nombreuses vidéos (interviews) accessibles, notamment sur DailyMotion

  
                    

Victor le Terrible interviewé (2005)

Je suis tombé sur une interview de Kortchnoi faite en 2005 par Axel Jomeyer et me suis dit qu'une petite traduction pourrait s'avérer intéressante pour ceux qui ne parlent pas allemand.

Déjà sous-titrée [pour des raisons de droits, la traduction doit être regardée directement sur Youtube]:

La quatrième partie de l'interview


Quelques précisions sur la 4ème partie de l'interview:

(1) Korchnoi mentionne la Chine arrivant seconde d'une compétition en 2005.
Il s'agit du championnat du monde d'échecs par équipe qui eut lieu à Beer-Sheva, en Israël, où la Chine se classa seconde. On peut noter que les joueurs chinois continuent à se distinguer puisqu'ils ont récemment remporté leur septième compétition par équipe contre la Russie qui n'a certes pas aligné ses meilleurs joueurs.

(2) On trouve beaucoup de commentaires sur internet concernant la partie par correspondance de 1985 entre le gmi Maroczy, alors mort depuis longtemps, et Kortchnoi. Il faut dire qu'elle dura 7 ans et 8 mois, ce qui laisse le temps d'en parler, même hors circonstances particulières. Ci-dessous, vous aurez déjà la possibilité de la rejouer

réalisé avec pgn4web

Si vous préférez regarder la partie dans votre programme favori, vous pouvez  télécharger le fichier pgn de chessgames.com , une excellente base de données en ligne.

En complément, une pub où l'on voit que certains habitants de la Suisse ne sont pas si gentils que l'on pourrait croire avec Kortchnoi:



Derrière cet air bonasse se cache une grande stratège. Vous reprendrez bien un verre de lait?
"Je n'analyse pas les blitz"

Certains ajoutent: "même pas ceux de Kasparov".
Ces parties ne seraient pas dignes d'intérêt, le perdant y étant vraiment celui qui commet la dernière erreur. C'est à mon sens du snobisme de ne pas se pencher sur ces parties, même s'il est parfois désespérant de voir comment l'évaluation de la position peut fluctuer après chaque coup, un peu comme dans les parties de débutants.
Nous n'analysons jamais tout, car le temps nous est généralement compté. C'est pourquoi nous nous arrêtons sur les positions que nous jugeons critiques dans nos parties.  Commençons donc par regarder quelques positions: 

1. Trait aux blancs
Les noirs viennent de jouer ...gxf5? Dans cette position, les blancs ont raté une excellente opportunité de raccourcir les débats. Ce motif revient sans cesse dans les parties, à tous les niveaux, celui qui réalise qu'il a manqué une telle opportunité a de bonnes chances de s'en rappeler.

2. Trait aux blancs
L'ouverture n'est pas totalement achevée, mais déjà les noirs sont tombés dans un vieux piège auquel Yusupov lui-même succomba [Linares 1992 contre Illescas], comme le mentionne Nigel Davies dans la vidéo ci-dessous:

Si le joueur qui a les noirs pense que ce genre de manoeuvre (sacrifice du fou en c4 ou b5 suivi de la folle cavalcade d6-f7-h8) est juste une "arnaque" qui ne mérite pas d'être répertoriée, il aura manifestement tort. Et aura encore le même air dubitatif lorsqu'on l'y reprendra.

 3 .Trait aux noirs
Le blitzeur jouera spontanément Fxh3, mais cette position n'est-elle pas intéressante en soi? L'intuition nous dit que cela doit marcher, mais quand on a le temps, n'est-ce pas un bon entraînement de vérifier la correction de l'attaque?


4. Trait aux noirs
Dans cette position, les Noirs jouèrent Fd6 . Mais n'avaient-ils pas mieux? L'ordinateur suggère instantanément un autre coup. Que faut-il en penser? L'analyse s'avère également intéressante quand on a plus que 3 minutes à la pendule pour se décider.

Ces positions étaient évidemment toutes issues de blitz.
Tout le monde n'a pas l'occasion de jouer des parties longues chaque semaine et un rapide survol de ses propres blitz pourra toujours aider à s'améliorer. Si vous jouez sur internet, sur fics par exemple, faites-vous envoyer les parties au format pgn, cela vous permettra de les survoler à l'aide d'un programme d'analyse.
La question est bien moins "faut-il analyser les parties rapides?" que "quelle dose de blitz est acceptable pour un joueur qui veut progresser?"
Musiques vagabondes (1)

De nombreuses mélodies nous accompagnent depuis longtemps, parfois plus longtemps qu'on ne penserait. Le plagiat est un de ces mots qui vous laissent pantois. Si quelqu'un a recopié un air, on peut bien sûr le montrer d'un doigt accusateur. Mais il est bien plus intéressant d'établir une généalogie de ces enthousiasmes.

Aujourd'hui, c'est la chanson "J'attendrai" qui m'intéresse. Il en existe de multiples versions dans les langues les plus variées.

Mais comme il faut bien fixer une origine, on fait en général référence au choeur à bouche fermée de "Madame Butterfly", opéra créé à la Scala de Milan en 1904 dont voici une interprétation par le choeur et l'orchestre des arènes de Vérone:



En 1936, cet air inspira le compositeur et chef d'orchestre Dino Olivieri, sur un texte de Nino Rastelli. La chanteuse Miriam Ferretti assura le succès de "Tornerai":



Non ti ricordi quella canzon, piena d'amore e di passion,
che dolcemente ci avvinse un dì,
e che per sempre ci unì?
Or che lontano tu sei da me,
mentre la guerra echeggia in ciel,
con un tremor io canto ancor,
Tornerai da me,
perchè in ciel sta scritto che tornerai,
tu lo sai io son forte così,
perchè credo in te,
tu lo sai,
mentre vai e vai,
chiudi gli occhi un istante,
e allora udrai la canzon del mio cuor,
tornerai.
Io non so bene dove sei tu,
solo PM e nulla più,
ma non temere amor perchè,
io son sempre con te.
Quando la notte riposi amor,
pieno di gelo o di sudor,
il tuo respir è il mio respir.
Mentre vai e vai,
chiudi gli occhi un istante, e allora udrai
la canzon del mio cuor,
tornerai


Une première version française, "Soirs d'amour", chantée par Jean Sablon est aujourd'hui oubliée. 
Deux après "Tornerai", Rina Ketty, française d'origine italienne, rendit la chanson célèbre en France. Jean Sablon reprit également cette nouvelle version. Le titre reste indissolublement associé à cette période, peut-être en raison de la longue guerre qui suivit.



Il est maintenant impossible de dresser une liste exhaustive de toutes les versions de cette chanson dans de multiples langues.

Voici la version du Hot Club de France de 1939:



Et enfin une version allemande de 1940, "Komm zurück" [Reviens], interprétée par Rudi Schuricke:



Avec les paroles:
Du sprichst vom Abschied, für kurze Zeit,
und bist schon morgen, von mir so weit.
Was sind schon Worte, im Augenblick,
was ein versprochenes Glück?

Weil ich Dich liebe, glaub ich an Dich,
doch will s das Schicksal, vergisst Du mich.
Das darf nicht sein, tausendmal: nein!

Komm zurück, ich warte auf Dich,
denn Du bist für mich, all mein Glück.
Komm zurück, ruft mein Herz immerzu,
nun erfülle Du, mein Geschick.
Ist der Weg auch weit,
führt er Dich und auch mich, in die Seeligkeit,
darum bitt ich Dich heut: komm zurück.

Es gibt nicht Schöneres, als Glück zu zwein,
und die Gewissheit, geliebt zu sein.
Schon der Gedanke, wenn Du mich küsst,
dass Du wie ich, glücklich bist.

Den einen Menschen, auf dieser Welt,
der nur für Dich lebt, der zu Dir hält,
hast Du in mir, drum sag ich Dir:

Darum bitt ich Dich heut, komm zurück!


Il m'aurait fallu bien sûr encore citer entre autres Tino Rossi, Dalida, Bing Crosby, Sinatra... Mais je suis certain que si la curiosité vous guide, vous trouverez sans trop de difficultés l'occasion d'écouter ces multiples versions.

Quelques pistes pour en savoir plus:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Rina_Ketty
http://chanson.udenap.org/50_chansons/41_j_attendrai.htm
Le nom fait l'écrivain


surtout quand il est moine!


ces fumées dans l'éther, quelle poésie!
Les Allemands disent que "L'habit fait l'homme". Certaines pratiques de l'édition tendent à suggérer que l'habillage fait le livre.
Reinhard peut dormir sur ses deux oreilles, c'est pas le vieux Karl qui sortira de sa tombe pour venir lui faire un procès. 
De même pour Giles, ça fait bien 3 siècles que John a d'autres chats à fouetter!


À quand un cours d'Aérobic par Justine Sade?
Qu'un rideau de CDs vous protège!

Les vieux CDs, ça traîne partout, on ne sait qu'en faire. Des frisbees? Dans ce cas, il y a surabondance.
Des épouvantails?
Pourquoi pas, il peuvent servir à éviter que les petits zozios viennent se planter dans votre baie vitrée.

Mais c'est une autre idée que je vous propose. Si j'ai pu le bidouiller, vous le pourrez aussi!

Ingrédients: 

- Des piles de vieux CD; évidemment, DVD acceptés.
- Des colliers rilsan

Recette: 


1. percez vos CD sur 2 côtés opposés, les trous ne doivent pas être trop éloignés du bord. Afin de tous les perforer de la même manière, vous pouvez utiliser le premier exemplaire comme référence. Je n'ai pas essayé d'en percer plusieurs à la fois, car je craignais de les endommager.

 Vous pouvez commencer par marquer les CD au poinçon afin de ne pas déraper avec la perceuse


Keskilsiprankomunpié!

2. Ensuite, il s'agit juste de relier les CD entre eux à l'aide des colliers rilsan.
Une suggestion pour les stylistes, alternez les côtés pile et face afin d'éviter la monotonie comme sur l'image ci-dessous. 


3. Enfin, suspendez votre œuvre. Ci-dessous, work in progress.

N'hésitez pas: envoyez-moi des photos de vos réalisations. Je suis certain que vous obtiendrez des résultats bien plus intéressants!
Typisch Deutsch / Choses allemandes / Things German (...suite)


Le respect de l'ordre


Il est stipulé sur la borne électrique: "Défense d'afficher".
L'Allemand est respectueux: il se contentera de tagger.
Iconographie échiquéenne (1)
Chess Iconography (1)

[en: a collection of pictures to illustrate the stereotypes about chess]

J'ai en réserve quelques images tirées de la presse, pub ou titres de journaux, qui permettent d'illustrer les stéréotypes sur le jeux d'échecs.
La publicité fait essentiellement appel aux images positives, comme dans l'exemple ci-dessous: : intelligence ("smart"), prise de décision ("it's your move"), rapport à l'espace...
Mais cette publicité ne parvient pas à faire oublier tout les a-prioris négatifs: enfermement du joueur dans une pièce sombre (sans le produit miracle), intériorisation excessive du joueur... bref le joueur d'échecs comme geek.

En français:
La façon la plus intelligente d'éclairer vos pièces sombres.
Découvrez cette transformation extraordinaire déjà vécue par des millions de personnes. Il n'y a que Solatube qui utilise cette technologie révolutionnaire afin d'éclairer n'importe quelle pièce grâce à la lumière du jour en moins de 2 heures.
À vous de jouer!
 Source: Popular Science, June 2010
Comment chercher la traduction d'un mot sur internet

Il existe de nombreuses méthodes. Cet article a pour ambition d'établir une liste des méthodes les plus efficaces et sera étoffé au fur et à mesure. Tous les exemples ci-dessous se pencheront sur la traduction de termes allemand en français.


0.  Le même mot (les Fremdwörter)

Et s'il suffisait de vérifier si le mot existe dans l'autre langue?
Les mots techniques terminant en -tion, en -isme, en -ique ont souvent un équivalent dans l'autre langue, avec des variantes orthographiques; par exemple:
- Le 'c' français devient un 'k' en allemand.  
- Les mots en -ion prennent parfois une terminaison en -ierung dans leur traduction.
- Le -isme devient -ismus



Procrastination? un bon essai sera "Prokrastination"
Entrez alors ce mot dans Fremdwörter.de . Vous constaterez:
- que le mot existe
- qu'à côté de ce mot étranger, on trouve aussi "Aufschieben".

Si vous souhaitez vous faire une idée de l'utilisation du mot, de ses contextes d'utilisation, le web vous tend les bras: en avant sur les pages allemandes
Notez que pour limiter la recherche aux pages allemandes depuis le site allemand du moteur de recherche, il vous faut ajouter la condition:  site:.de


1. Le Dictionnaire

Il en existe de nombreux sur le net. Par exemple: Léo , Pons ou la base terminologique IATE  

2. Wikipédia

(1) chercher le mot dans Wikipedia, par exemple "Dokumentenmanagement" http://de.wikipedia.org/wiki/Dokumentenmanagement
(2) À gauche de la page, dans la liste des autres langues ["in anderen Sprachen" sur le wiki allemand], cliquer sur la langue recherchée
(3) résultat: http://fr.wikipedia.org/wiki/Gestion_%C3%A9lectronique_des_documents "Gestion électronique des documents (GED)"  
3. Le latin

Les plantes et les animaux ont également un nom latin. Si vous le connaissez, votre recherche en sera facilitée. Par exemple, pour les myxomycètes, ces étranges organismes, ni vraiment animaux ni tout à fait végétaux, vous connaissez le terme "Mycetozoa".
Photo de myxomycètes tirée de l'encyclopedia of life
Vous pouvez alors chercher, par exemple sur google.de, à l'aide du terme latin: Mycetozoa Cela vous permettra de trouver que le terme allemand usuel est "Schleimpilze"

4. L'étymologie

Parfois on va vraiment chercher midi à quatorze heures. L'exemple précédent l'illustre parfaitement. Et ce pour plusieurs raisons:
(a) Entrer le mot "myxomycètes" dans le dictionnaire de Léo [méthode 1] aurait permis de voir qu'il y avait une discussion intitulée Schleimpilz sur le sujet dans leur forum.
(b) Regarder l'étymologie du mot dans un dictionnaire français aurait permis de répondre à la question. Par exemple en consultant le Trésor de la Langue Française informatisé [TLFi]: "Empr. à l'all. Myxomyceten (1863, Cienkowski ds Jahrücher für wissenschaftliche Botanik, t.3, p.325)" [cf. TLFi] Eh oui, le terme nous est venu d'Allemagne! Il est recommandé ensuite de vérifier dans des sources allemandes si le terme est toujours en usage ou s'il existe une expression plus courante. Vous auriez alors aussi trouvé "Schleimpilze".

Si vous connaissez une méthode non encore citée, n'hésitez pas! [... à suivre]
Pour faire du blé avec les vaches

Le Google british avait péché par un poisson d'avril trop crédible: un logiciel de traduction des langages animaux pour téléphone à télécharger. Pour l'occasion, ils avaient réalisé un tutorial qui semblait donner quelques gages de sérieux, Google Translate for Animals , et avaient gardé pour d'autres vidéos ce qui aurait tout de suite été détecté comme canular.

Dans l'exemple ci-dessous, la vache frime un peu et montre qu'elle a lu Douglas Adams.



-"I've cracked it! The meaning of life is: 42"
[J'ai la soluce, le sens de la vie est: 42]


Si tant de gens y ont cru, c'est probablement parce qu'il s'agit réellement d'une préoccupation actuelle. Une dépêche apparemment diffusée par l'agence dpa [Deutsche Presse Agentur] nous annonce pour bientôt la sortie d'un logiciel permettant d'interpréter les mugissements, beuglements et autres meuglements.

Cette annonce a été reprise par de nombreux journaux et sites allemands. Pour ne citer que les plus connus: Welt online , Focus online ...

Il semblerait que le vocabulaire bovin ne connaisse pas plus d'une dizaine de cris: par exemple, si vous parlez boeuf, ne faites pas de distinction entre la faim et la soif. Ne criez pas non plus pour signaler une blessure. L'oubli de ce genre de plainte chez ces ruminants pourrait expliquer qu'ils aient survécu si longtemps: n'ayant pas de chirurgiens dans la famille, pleurer sur une jambe cassée aurait tout juste servi à attirer les prédateurs.

C'est sans doute pour commencer par un sujet plus simple que le chercheur en bioacoustique Gerhard Jahns programme un logiciel de reconnaissance vocale pour vaches. Avec d'assez bon résultats pour reconnaître si ces animaux ont faim, soif, s'ils sont en rut, s'ils ont les pis pleins...

Le Centre d'élevage de Poisy envisageait déjà de mettre les troupeaux sous surveillance vidéo. Maintenant on ne les aura plus seulement à l'oeil mais aussi à l'oreille!

Pour en savoir plus sur le comportement des vaches:
Une vidéo de 13'
La mare enchantée

la musique de Mozart augmenterait la productivité d'une station d'épuration

[Alle Links sind auf Deutsch]

Le journaliste de la Suddeutsche Zeitung s'est montré d'un scepticisme septique lorsqu'il interviewa Anton Stucki, un des patrons de la SARL allemande Mundus GmbH [cf. SZ du 2/3-06-2010]. N'a-t-il pas remarqué qu'on avait auparavant prétendu que Mozart permettait d'augmenter la production de lait, les récoltes de pommes de terre ou de favoriser la pousse des cheveux?
Si vous êtes chauve, dites-m'en des nouvelles!

 La station d'épuration de Treuenbrietzen est relativement moderne puisqu'elle n'est en service que depuis 1994. Cela ne les empêche pas de vouloir rester en avance sur leur temps.

Sont-ils partis du principe que tout ce qui est bio est beau et donc bon?
En tout cas, du côté de Berlin, ils ont décidé de sonoriser leurs bacs d'épuration avec du Mozart.
Bien sûr pas en plongeant des baffles dans la mare à caca, mais grâce au Naturschallwandler® [s'il fallait traduire: Transducteur sonore naturel].

la photo de la bête, avec un module pour les basses et deux pour les aigus, publiée dans l'article de la "Markische Allgemeine Zeitung" du 1.06.2006


L'engin diffuse des extraits de "La flûte enchantée" dans plusieurs directions. Un message d'amour destiné aux bactéries qui se nourrissent des eaux usées: croissez, multipliez-vous et bâfrez-vous de saletés, afin que la masse de résidus boueux soit réduite autant que possible. Orgie de microbe.


Le processus aurait déjà été testé avec succès en Autriche. Si vous voulez sonoriser votre piscine pour y améliorer vos parties fines, cela vous coûtera 400,00 EUR par mois. Je sens que vous y réfléchissez déjà.
Vous pensez à changer le disque? Je devine que vous seriez plutôt "New Age". Et puis une boule à facettes ajouterait de l'ambiance n'est-ce pas?


Pour ce qui est de changer la bande, les Berlinois, qui sont encore en période d'essai et n'ont donc encore rien déboursé, y ont déjà pensé.


On verra bien ce qui fait vibrer les procaryotes!


Sources complémentaires (en allemand): 
MAZ vom 01.06.2010
Technische Daten (.pdf)